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QUI SOMMES-NOUS ?

CT LYON
Le Cyclotouriste
19. rue du Bœuf
69005 LYON
Tél. : 04 78 42 44 08
Fax. : 04 72 56 01 88

mail :ctlyon@free.fr

Le C.T.Lyon crée en 1925. compte parmi les plus anciens clubs français, et jouit d'une notoriété qui dépasse largement la région Rhône-Alpes.
Il est riche actuellement de 200 membres et propose de multiples activités.

Club affilié :
- FFCT
- FFC
- UFOLEP

Vélos de route :
- Cyclotouriste (balade, randonnée)
- Cyclosport
VTT :
- Randonnée
- Trial
Ecole Cyclotouriste :
- Route et VTT
Cyclotouristes, randonneurs :
- Participation aux Randonnées, Rallyes et Brevets Régionaux et Nationaux.
- Sorties hebdomadaires toute l'année.
Cyclosport :
- Sorties d'entraînement tous les week-ends.
- Participation à différentes « Cyclosportives »
Ecole Cyclo :
Activités internes :

- Sortie annuelle de ski.
- Journée annuelle du Club.
- Week-end annuel du Club.
-Semaine VTT.
- Week-end montagne.(route,VTT).
- Journée ou soirée à thème.
- Sorties pédestres.
- Challenge inter-sociétaires.

Manifestations organisées par le Club :

- Randonnées d'hiver.
- Lyon Mont-Blanc.
- Rallye Clairette.
- SCOTT 1000 BOSSES.
- Randonnée pédestre Sainte Catherine.
- Sainté Lyon.

Randonnées permanentes :

- Lozanne - Lausanne.
- Thurins - Turin.
- Valence - Valencia (Espagne)
- Vienne - Vienne ( Autriche)
- Circuit Cyclotouristique du Rhône.

Confrérie :
- Compagnons des randonnées permanentes.


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Paris-Brest-Paris 2011 "Autopsie d'un abandon" Par David PAUTHIER

J'avais prévu, sauf accident, de ne pas vous parler du déroulement de l'épreuve en elle-même, puisque j'avais déjà longuement raconté le déroulement de l'épreuve 2007. Or, j'ai abandonné... C'est un accident.

Evidemment, l'abandon n'était pas prévu à mon programme ; mais en même temps, personne ne le prévoit jamais. J'ai longtemps hésité sur la façon de le raconter, et surtout, sur l'opportunité et l'intérêt, par pudeur, et plus encore, parce qu'il est lié à un événement très personnel. En même temps, je me suis dit qu'il était nécessaire de raconter des moments de détresse, et leurs enchainements. S'il fallait mettre un titre ; ce serait : « Autopsie d'un abandon ».

Les larmes coulent sur mes joues. Malgré le bruit des sanglots, je pense que mes compagnons de route ne s'en rendent pas compte. Il fait nuit ; et, de toute façon, je traîne une vingtaine de mètres derrière le groupe. Je ne parviens pas à m'enlever de l'esprit la nouvelle désastreuse apprise aux urgences après mon retour du Tour du Mont Blanc, en juillet. Ces événements tournent dans ma tête,... Ma responsabilité dans cet incident, la détresse de ma femme, les conséquences pour notre foyer, et les propos du médecin. Je me demande ce que je fous là. Je pourrais m'évader immédiatement pour dormir à côté de ma femme, je le ferais ; mais ma voiture n'est pas au bord de la route. Ces idées noires occupent mon esprit pendant une quinzaine de kilomètres. Soudain, un éclair illumine le ciel... Un deuxième, devant, sur notre gauche. Derrière moi, une voiture, plein phare, illumine un panneau « Ménéac »...

...La pluie tombe, maintenant, avec vigueur. Je suis mouillé; j'ai froid; Je frissonne. Je n'ai rien pour me protéger. Mes compagnons ne sont pour la plus part pas mieux lotis que moi. Combien reste-il de kilomètres avant Carhaix ?...

... « Carhaix-Plouguer », ouf ! Je regarde la paume de mes mains. La paume est toute blanche comme si le sang n'y circulait plus, et la peau est flétrie comme si mes mains avaient séjourné une longue période dans l'eau...

...Je ne trouve pas de trajectoire satisfaisante. La couche supérieure du goudron a été arrachée sur la bande de roulement des véhicules, laissant un revêtement plein d'une multitude de trou de 10mm de profondeur. Les vibrations engendrées me font mal à la paume des mains et principalement au niveau du canal carpien. Nous débouchons sur la route du roc Trévézel, ça va mieux ; le goudron est en bien meilleur état...

... Nous sommes en file indienne. Nous venons de passer le sommet du Roc Trévézel pour la seconde fois. Le vent a tourné ; ça visse. Dans la descente, ça ralentit, mais nous retrouvons un goudron totalement dégradé, avec les mêmes trous qu'à l'aller autour de Huelgoat. Je ne trouve pas de position satisfaisante pour positionner mes mains. Que ce soit en bas, sur les cocottes, ou en haut, je ne peux tenir la même position plus de 15 secondes. Il faut absolument que je trouve des gants ; mes mains me font trop souffrir... Du sommet du Roc Trévézel jusqu'à Carhaix, rien d'autre occupe mon esprit. J'ai envie d'abandonner...

...Alors que nous repartons de Carhaix, j'ai la conviction que je n'arriverai pas jusqu'à Loudéac. Pour la première fois, je ressors du pointage en dernier. Les autres sont quelques dizaines de mètres devant moi ; je les rattrape sans difficulté. Le temps d'arrêt, trop court, n'a pas permis de trouver une solution pour mes mains ; il faudra accepter la douleur jusqu'à Loudéac. La granulométrie du goudron engendre, à nouveau, des micro-vibrations, ne facilitant pas les choses. J'erre parmi les derniers. Par ailleurs, la vitesse du groupe, insuffisante depuis trop longtemps, engendre une absence de sensation ; comme si mes jambes étaient molles, sans énergie. Je pourrais me mettre en tête et accélérer le rythme. Mais mon esprit est ailleurs, coincé entre la douleur aux mains et les idées noires de la nuit qui ressurgissent. Une réflexion occupe mon esprit : mon état physique me permettrait d'arriver avec les premiers, et, dans le même temps, je sais que je ne serai pas heureux dans le gymnase des droits de l'homme, suite aux événements de juillet. Je me demande à nouveau ce que je fais sur un vélo. Une brève conversation avec Fabrice, un des participants, me sort de ma détresse, momentanément.
Notre dialogue stoppe en arrivant sur la RD79 en direction de Corlay, car nous roulons en file, par rapport aux dangers que représentent les camions, qui doublent en nous frôlant. Je me sens en danger, et les idées noires ressurgissent. J'ai, à nouveau envie d'abandonner.
Nous quittons cette route très dangereuse pour prendre en direction de Saint Nicolas du Pélem. A la sortie du village, je fais un signe de la main aux deux cyclistes dans ma roue, pour les inciter à me doubler, car je veux abandonner. Dans un premier temps, je me laisse glisser à une cinquantaine de mètres du groupe. Je suis sans difficulté, mais je broie du noir. J'ai envie d'abandonner, mais, vis-à-vis de mon assistance, je n'ai pas le droit. Ils sont venus pour me voir dans le gymnase, à Saint Quentin en Yvelines. Alors, je continue à pédaler à cinquante mètres. Simultanément, je me dis que je roule, aussi, pour mon plaisir ; or je ne le vois plus, le plaisir. J'envisage d'abandonner à Corlay. Les cinq kilomètres qui nous séparent encore du village, sont terribles ; mon esprit étant partagé entre plusieurs sentiments contradictoires. Abandonner demande du courage. Puis, le groupe accélère, je me mets en danseuse pour rattraper les autres et me caler dans leurs roues. Alors que je m'apprête à doubler les derniers du maigre peloton, nous rentrons dans Corlay... L'église sur la gauche, un bar sur la droite... Je freine, puis mets pieds à terre. Je suis serein...

Nous sommes sur l'autoroute, ce même jour, en direction du Perray en Yvelines. Il est minuit ; Dominique, Michel et Sébastien dorment. Je suis un peu triste pour eux, de mon abandon, car voir l'arrivée au gymnase des droits de l'homme est une belle émotion pour le participant, mais aussi pour l'assistance.
Derrière moi, j'imagine que Sébastien doit être le plus déçu. Il était venu, car Paris-Brest-Paris le fait rêver, mais aussi pour voir la gestion de l'effort, de la fatigue et de l'alimentation par un participant familier des longues distances. J'ai apprécié sa disponibilité, son investissement, et sa motivation. Lors des pointages, ce fut systématiquement le premier à accourir.
A ces côtés, à droite, Michel. C'est une réelle découverte : humeur égale, valeur humaine, propos mesuré... Chaque phrase est utile et juste. Je garderai l'image à Loudéac de Michel bousculant légèrement, mais fermement, l'assistance d'un autre participant, pour m'apporter mon vélo en ressortant du pointage ; j'en ai été amusé.
A mes côtés, Dominique ne semble pas déçu, car il a compris les raisons de l'abandon sans que j'aie besoin de lui dire. Dominique, je le connais, depuis un peu moins de 20 ans. Nous nous sommes faits des assistances mutuelles ; nous n'avons pas forcément besoin de nous parler pour nous comprendre. Il est précieux, car il est aussi passionné par une assistance que par l'épreuve en elle-même.
Alors que nous arrivons chez Claude et Rosine, à 1h00 du matin, ma sérénité est intacte. Je le dois à Dominique, Sébastien et Michel ; le choix de l'assistance est primordial. Et que dire, de nos hôtes. Ils nous attendent ; Rosine a préparé des croque-messieurs chauds...

Aujourd'hui, un mois plus tard, je n'ai pas toujours pas de regret.

Je garderai toutefois une très bonne image de ce Paris-Brest-Paris. En effet, j'avais écrit mon compte-rendu de l'édition 2007, pour inciter les cyclistes à découvrir cette épreuve. Dans le même état d'esprit, j'ai essayé de vous raconter une année de préparation, pour vous faire partager une aventure humaine merveilleuse. Mais, je n'avais pas imaginé que tant de cyclistes viendraient me parler de mes comptes-rendus, avant l'épreuve ; mais aussi, pendant l'épreuve, sur le vélo. Ce fut, pour moi, à chaque fois, des moments d'émotion, d'avoir fait partager mon plaisir et ma passion. Je n'imaginais pas non plus être lu par des étrangers. Je me souviendrais longtemps de ce coureur italien, au milieu de la nuit, entre Tinténiac et Bécherel, qui s'est approché de moi en me demandant si j'étais bien David Pauthier. Il m'a dit avoir lu plusieurs fois, parce qu'il ne comprenait pas bien le français, chacun de mes articles, sur la préparation de l'épreuve 2011, et le compte-rendu de 2007. Il semblait, d'ailleurs, désolé de ne pas mieux parler le français. Je regrettais, en cet instant, moi aussi, de ne pas parler italien. Nous avons échangé quelques minutes, avant de me demander, si je prévoyais de mettre en ligne d'autres articles. Je lui ai répondu 2 ou 3. Voici le troisième et dernier.

P.S.1 : deux participants viennent de boucler leur 11ème Paris-Brest-Paris, MM Imbert et Ravet. Immense respect! D'ailleurs, j'aimerais vous raconter Daniel Ravet, parce que lui est trop modeste pour le faire.
P.S.2 : Grazie mille a questo participante italiano per la scambio tra Tinténiac et Bécherel. Il migliore momento della mia Paris-Brest-Paris 2011: scambio su una passione comune! In 2012, ci ritroveremo forse sul Raid Provence Extrême, une prova meravigliosa nella gola del Verdon ed il monte ventoux di 600km.

 

Publié le 07 novembre 2011 à 23:32:40 dans PARIS - BREST - PARIS 2011 | Commentaires (0) |

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