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QUI SOMMES-NOUS ?

CT LYON
Le Cyclotouriste
19. rue du Bœuf
69005 LYON
Tél. : 04 78 42 44 08
Fax. : 04 72 56 01 88

mail :ctlyon@free.fr

Le C.T.Lyon crée en 1925. compte parmi les plus anciens clubs français, et jouit d'une notoriété qui dépasse largement la région Rhône-Alpes.
Il est riche actuellement de 200 membres et propose de multiples activités.

Club affilié :
- FFCT
- FFC
- UFOLEP

Vélos de route :
- Cyclotouriste (balade, randonnée)
- Cyclosport
VTT :
- Randonnée
- Trial
Ecole Cyclotouriste :
- Route et VTT
Cyclotouristes, randonneurs :
- Participation aux Randonnées, Rallyes et Brevets Régionaux et Nationaux.
- Sorties hebdomadaires toute l'année.
Cyclosport :
- Sorties d'entraînement tous les week-ends.
- Participation à différentes « Cyclosportives »
Ecole Cyclo :
Activités internes :

- Sortie annuelle de ski.
- Journée annuelle du Club.
- Week-end annuel du Club.
-Semaine VTT.
- Week-end montagne.(route,VTT).
- Journée ou soirée à thème.
- Sorties pédestres.
- Challenge inter-sociétaires.

Manifestations organisées par le Club :

- Randonnées d'hiver.
- Lyon Mont-Blanc.
- Rallye Clairette.
- SCOTT 1000 BOSSES.
- Randonnée pédestre Sainte Catherine.
- Sainté Lyon.

Randonnées permanentes :

- Lozanne - Lausanne.
- Thurins - Turin.
- Valence - Valencia (Espagne)
- Vienne - Vienne ( Autriche)
- Circuit Cyclotouristique du Rhône.

Confrérie :
- Compagnons des randonnées permanentes.


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Paris-Brest-Paris 2011 "Autopsie d'un abandon" Par David PAUTHIER

J'avais prévu, sauf accident, de ne pas vous parler du déroulement de l'épreuve en elle-même, puisque j'avais déjà longuement raconté le déroulement de l'épreuve 2007. Or, j'ai abandonné... C'est un accident.

Evidemment, l'abandon n'était pas prévu à mon programme ; mais en même temps, personne ne le prévoit jamais. J'ai longtemps hésité sur la façon de le raconter, et surtout, sur l'opportunité et l'intérêt, par pudeur, et plus encore, parce qu'il est lié à un événement très personnel. En même temps, je me suis dit qu'il était nécessaire de raconter des moments de détresse, et leurs enchainements. S'il fallait mettre un titre ; ce serait : « Autopsie d'un abandon ».

Les larmes coulent sur mes joues. Malgré le bruit des sanglots, je pense que mes compagnons de route ne s'en rendent pas compte. Il fait nuit ; et, de toute façon, je traîne une vingtaine de mètres derrière le groupe. Je ne parviens pas à m'enlever de l'esprit la nouvelle désastreuse apprise aux urgences après mon retour du Tour du Mont Blanc, en juillet. Ces événements tournent dans ma tête,... Ma responsabilité dans cet incident, la détresse de ma femme, les conséquences pour notre foyer, et les propos du médecin. Je me demande ce que je fous là. Je pourrais m'évader immédiatement pour dormir à côté de ma femme, je le ferais ; mais ma voiture n'est pas au bord de la route. Ces idées noires occupent mon esprit pendant une quinzaine de kilomètres. Soudain, un éclair illumine le ciel... Un deuxième, devant, sur notre gauche. Derrière moi, une voiture, plein phare, illumine un panneau « Ménéac »...

...La pluie tombe, maintenant, avec vigueur. Je suis mouillé; j'ai froid; Je frissonne. Je n'ai rien pour me protéger. Mes compagnons ne sont pour la plus part pas mieux lotis que moi. Combien reste-il de kilomètres avant Carhaix ?...

... « Carhaix-Plouguer », ouf ! Je regarde la paume de mes mains. La paume est toute blanche comme si le sang n'y circulait plus, et la peau est flétrie comme si mes mains avaient séjourné une longue période dans l'eau...

...Je ne trouve pas de trajectoire satisfaisante. La couche supérieure du goudron a été arrachée sur la bande de roulement des véhicules, laissant un revêtement plein d'une multitude de trou de 10mm de profondeur. Les vibrations engendrées me font mal à la paume des mains et principalement au niveau du canal carpien. Nous débouchons sur la route du roc Trévézel, ça va mieux ; le goudron est en bien meilleur état...

... Nous sommes en file indienne. Nous venons de passer le sommet du Roc Trévézel pour la seconde fois. Le vent a tourné ; ça visse. Dans la descente, ça ralentit, mais nous retrouvons un goudron totalement dégradé, avec les mêmes trous qu'à l'aller autour de Huelgoat. Je ne trouve pas de position satisfaisante pour positionner mes mains. Que ce soit en bas, sur les cocottes, ou en haut, je ne peux tenir la même position plus de 15 secondes. Il faut absolument que je trouve des gants ; mes mains me font trop souffrir... Du sommet du Roc Trévézel jusqu'à Carhaix, rien d'autre occupe mon esprit. J'ai envie d'abandonner...

...Alors que nous repartons de Carhaix, j'ai la conviction que je n'arriverai pas jusqu'à Loudéac. Pour la première fois, je ressors du pointage en dernier. Les autres sont quelques dizaines de mètres devant moi ; je les rattrape sans difficulté. Le temps d'arrêt, trop court, n'a pas permis de trouver une solution pour mes mains ; il faudra accepter la douleur jusqu'à Loudéac. La granulométrie du goudron engendre, à nouveau, des micro-vibrations, ne facilitant pas les choses. J'erre parmi les derniers. Par ailleurs, la vitesse du groupe, insuffisante depuis trop longtemps, engendre une absence de sensation ; comme si mes jambes étaient molles, sans énergie. Je pourrais me mettre en tête et accélérer le rythme. Mais mon esprit est ailleurs, coincé entre la douleur aux mains et les idées noires de la nuit qui ressurgissent. Une réflexion occupe mon esprit : mon état physique me permettrait d'arriver avec les premiers, et, dans le même temps, je sais que je ne serai pas heureux dans le gymnase des droits de l'homme, suite aux événements de juillet. Je me demande à nouveau ce que je fais sur un vélo. Une brève conversation avec Fabrice, un des participants, me sort de ma détresse, momentanément.
Notre dialogue stoppe en arrivant sur la RD79 en direction de Corlay, car nous roulons en file, par rapport aux dangers que représentent les camions, qui doublent en nous frôlant. Je me sens en danger, et les idées noires ressurgissent. J'ai, à nouveau envie d'abandonner.
Nous quittons cette route très dangereuse pour prendre en direction de Saint Nicolas du Pélem. A la sortie du village, je fais un signe de la main aux deux cyclistes dans ma roue, pour les inciter à me doubler, car je veux abandonner. Dans un premier temps, je me laisse glisser à une cinquantaine de mètres du groupe. Je suis sans difficulté, mais je broie du noir. J'ai envie d'abandonner, mais, vis-à-vis de mon assistance, je n'ai pas le droit. Ils sont venus pour me voir dans le gymnase, à Saint Quentin en Yvelines. Alors, je continue à pédaler à cinquante mètres. Simultanément, je me dis que je roule, aussi, pour mon plaisir ; or je ne le vois plus, le plaisir. J'envisage d'abandonner à Corlay. Les cinq kilomètres qui nous séparent encore du village, sont terribles ; mon esprit étant partagé entre plusieurs sentiments contradictoires. Abandonner demande du courage. Puis, le groupe accélère, je me mets en danseuse pour rattraper les autres et me caler dans leurs roues. Alors que je m'apprête à doubler les derniers du maigre peloton, nous rentrons dans Corlay... L'église sur la gauche, un bar sur la droite... Je freine, puis mets pieds à terre. Je suis serein...

Nous sommes sur l'autoroute, ce même jour, en direction du Perray en Yvelines. Il est minuit ; Dominique, Michel et Sébastien dorment. Je suis un peu triste pour eux, de mon abandon, car voir l'arrivée au gymnase des droits de l'homme est une belle émotion pour le participant, mais aussi pour l'assistance.
Derrière moi, j'imagine que Sébastien doit être le plus déçu. Il était venu, car Paris-Brest-Paris le fait rêver, mais aussi pour voir la gestion de l'effort, de la fatigue et de l'alimentation par un participant familier des longues distances. J'ai apprécié sa disponibilité, son investissement, et sa motivation. Lors des pointages, ce fut systématiquement le premier à accourir.
A ces côtés, à droite, Michel. C'est une réelle découverte : humeur égale, valeur humaine, propos mesuré... Chaque phrase est utile et juste. Je garderai l'image à Loudéac de Michel bousculant légèrement, mais fermement, l'assistance d'un autre participant, pour m'apporter mon vélo en ressortant du pointage ; j'en ai été amusé.
A mes côtés, Dominique ne semble pas déçu, car il a compris les raisons de l'abandon sans que j'aie besoin de lui dire. Dominique, je le connais, depuis un peu moins de 20 ans. Nous nous sommes faits des assistances mutuelles ; nous n'avons pas forcément besoin de nous parler pour nous comprendre. Il est précieux, car il est aussi passionné par une assistance que par l'épreuve en elle-même.
Alors que nous arrivons chez Claude et Rosine, à 1h00 du matin, ma sérénité est intacte. Je le dois à Dominique, Sébastien et Michel ; le choix de l'assistance est primordial. Et que dire, de nos hôtes. Ils nous attendent ; Rosine a préparé des croque-messieurs chauds...

Aujourd'hui, un mois plus tard, je n'ai pas toujours pas de regret.

Je garderai toutefois une très bonne image de ce Paris-Brest-Paris. En effet, j'avais écrit mon compte-rendu de l'édition 2007, pour inciter les cyclistes à découvrir cette épreuve. Dans le même état d'esprit, j'ai essayé de vous raconter une année de préparation, pour vous faire partager une aventure humaine merveilleuse. Mais, je n'avais pas imaginé que tant de cyclistes viendraient me parler de mes comptes-rendus, avant l'épreuve ; mais aussi, pendant l'épreuve, sur le vélo. Ce fut, pour moi, à chaque fois, des moments d'émotion, d'avoir fait partager mon plaisir et ma passion. Je n'imaginais pas non plus être lu par des étrangers. Je me souviendrais longtemps de ce coureur italien, au milieu de la nuit, entre Tinténiac et Bécherel, qui s'est approché de moi en me demandant si j'étais bien David Pauthier. Il m'a dit avoir lu plusieurs fois, parce qu'il ne comprenait pas bien le français, chacun de mes articles, sur la préparation de l'épreuve 2011, et le compte-rendu de 2007. Il semblait, d'ailleurs, désolé de ne pas mieux parler le français. Je regrettais, en cet instant, moi aussi, de ne pas parler italien. Nous avons échangé quelques minutes, avant de me demander, si je prévoyais de mettre en ligne d'autres articles. Je lui ai répondu 2 ou 3. Voici le troisième et dernier.

P.S.1 : deux participants viennent de boucler leur 11ème Paris-Brest-Paris, MM Imbert et Ravet. Immense respect! D'ailleurs, j'aimerais vous raconter Daniel Ravet, parce que lui est trop modeste pour le faire.
P.S.2 : Grazie mille a questo participante italiano per la scambio tra Tinténiac et Bécherel. Il migliore momento della mia Paris-Brest-Paris 2011: scambio su una passione comune! In 2012, ci ritroveremo forse sul Raid Provence Extrême, une prova meravigliosa nella gola del Verdon ed il monte ventoux di 600km.

 

Publié le 07 novembre 2011 à 23:32:40 dans PARIS - BREST - PARIS 2011 | Commentaires (0) |

Préparation de la P-B-P 2011 par David PAUTHIER - juillet 2011 suite

La préparation est maintenant terminée. Je vais vous raconter le Gymnase des Droits de l’Homme, les ultimes heures, puis le départ.

 

Samedi, veille de départ. A l’approche de Guyancourt, notre attention augmente. Arrivés dans Guyancourt, toutes les avenues se ressemblent. Michel, Dominique et moi faisons appellent à notre mémoire pour trouver les ronds-points des saules et des sangliers. Sur les trottoirs, quelques cyclos roulent avec un équipement laissant imaginer qu’ils participent à Paris-Brest-Paris. Sur les ponts qui enjambent les avenues, des cyclos passent aussi. Bientôt, Michel voit un petit panneau « PBP » indiquant la direction du rond point des sangliers, puis en prenant à gauche celui des Saules, avec sur la droite le gymnase des Droits de l’Homme. En passant devant, je me dis que le parvis, des tentes de chaque côté et une grandes bâches plastiques sur laquelle est inscrit Paris-Brest-Paris en gros, est tel qu’en 2007. Après avoir garé la voiture à proximité, il est 11h30, nous décidons d’aller humer l’ambiance autour du gymnase. Nous empruntons La trémie pour accéder au gymnase en passant sous la route. Nous y croisons Christophe Bocquet et Joël Gabory, avec lequel nous échangeons quelques mots, puis Marc Védrinelle. Ce dernier me reconnait, et la conversation est cordiale. Puis nous avançons vers le portail, permettant l’accès au stade. Là, surprise, elle est fermée. Un bénévole nous apprend que le stade est réservé pour la vérification des vélos, que l’accès est de l’autre côté, et qu’il n’est pas possible de rentrer en dehors de l’ heure prévue pour la vérification du vélo. La mienne est à 16h30. Des participants, ayant déjà récupéré leurs documents, et fait vérifier leur machine, sortent par ce portail. Déçus, nous prenons en direction du parvis sur lequel les tentes ont été installées.

 

Sous les arbres, des cyclos, leur vélo à leur côté, sont assis sur les pelouses. L’étrange est qu’ils sont équipés comme si le départ était immédiat. Leurs vélos sont équipés de sacoches, bandes réfléchissantes, 2 lampes rouges à l’arrière, 2 lampes puissantes à l’avant, voire des sonnettes. Eux ont déjà le baudrier pour la nuit, une lumière sur le casque, et un petit sac à dos. Le paradoxe vient souvent des cadres et accessoires prestigieux typés course, et tout cette attirail cyclotouriste. Il est vrai que les asiatiques sont tous équipés du modèle le plus cher de Pinarello, Colanago, Trek, ou Specialized. Ce sont des taïwanais. Mon regard est attiré par l’un d’eux ; il porte une tenue cycliste très chic et une superbe barbe blanche impeccablement taillée. Il semble fier comme Artaban. Nous entendons plus loin des cris guerriers asiatiques. Plusieurs sont entrain de se prendre en groupe en photo sous la bâche « Paris-Brest-Paris ». Ce folklore très sympathique fait partie intégrante de l’épreuve. De nombreux groupes se prendront en photo sous cette bâche toute la journée. Trois vélos, avec de petites roues, (24’’?), attirent notre attention. Ce sont des « tout suspendus », avec cadre acier, fourche à quadrilatère déformable, et suspension arrière similaire à l’Ibis Szazbo, VTT des années 90. On ne voit ce type de vélo que sur Paris-Brest-Paris.

 

Voyant qu’il n’est pas possible de pénétrer sur le stade, nous allons manger au « Courtepaille ». Là, évidemment, de nombreuses tables sont déjà occupées par des cyclistes. Il est facile de les reconnaître : les français en habit de ville sont reconnaissables aux jambes rasées et au sujet de conversation, les étrangers, c’est encore plus facile, ils sont en tenue cycliste. Alors, que nous quittons le restaurant, Dominique est interpellé par Michel Morin, rencontré sur le Raid Provence Extrême. Il a une préparation minimale, mais il est motivé. Nous le laissons pour effectuer quelques dernières courses, piles et garde-boue.

 

Nous sommes de retour vers 15h00. Le vélo est équipé avec les accessoires obligatoires, éclairage avant et arrière, j’ai le gilet réfléchissant dans les mains, et le récépissé d’inscription dans les mains. Nous nous asseyons sur la pelouse en attendant notre tour. Je regarde passer les participants avec leur monture qui se rendent au contrôle. Aussi bien, parmi les cyclistes que les vélos, on trouve tous les profils. Parmi les participants, les âges vont de 35 à 60 ans, certains ont un certain embonpoint. Chaque nationalité est reconnaissable. Les français ont des maillots de club ; les italiens, très nombreux, ont un maillot national italien, il est d’ailleurs superbe. Souvent, les étrangers portent un maillot national, sur lequel, le nom du Pays est inscrit, Grèce, Allemagne,… Sauf pour les espagnols qui ont aussi des maillots de club, et les américains, avec principalement deux maillots, Davis Bike et Seattle Randonneur. Les vélos sont parfois du dernier cri, mais nous voyons aussi passer des vélos un peu anciens. Soudain, mon regard est attiré par un cycliste perché sur un vélo des années 1920, avec les vêtements d’époque et le boyau noué autour des épaules; c’est magnifique . Il passe malheureusement trop vite.

 

Mais l’heure avance, c’est à mon tour de m’avancer vers le contrôle. Je vois Pascal Lacarin, rencontré aussi sur le Raid Provence Extrême ; il est déjà très concentré. Une première table, où mon numéro de dossard est collé sur le cadre ; puis sous la tente, un bénévole vérifie le fonctionnement des lampes et des freins, et la présence du gilet réfléchissant. Un tampon est apposé sur mon récépissé. Je peux enfin pénétrer sur le stade dont les entrées et sorties sont sécurisés pour éviter les vols. Je pose mon vélo, et je me rends vers l’entrée du gymnase. J’y retrouve, Fabrice, un ami de Lionel, très bon cyclosportif lyonnais expatrié à Annecy. Fabrice fait PBP pour la première fois. Dominique et son assistance échangent leurs numéros de téléphone. Après quelques mots sur le déroulement des l’épreuve et des contrôles, et donc de ces dangers, je rentre dans le gymnase. Surprise! La cohue des éditions précédentes a laissé place à une organisation rigoureuse où la procédure de retrait des plaque de cadre, puce magnétique et carnet de route est ultra-rapide, avec des bénévoles particulièrement joviaux. La file d’attente pour inscrire la voiture d’assistance est longue ; elle n’augure rien de bon. Que nenni, ultra-rapide aussi. Nous ressortons après 15 minutes. Là, nous rencontrons Laurent Moulineau, mon compagnon de préparation, Jean Pierre Cellier, le roule-toujours de Craponne. Nous plaisantons de longues minutes, au milieu des vélos entreposés. Notre attention est attirée par 4 vélos carénés, toujours le folklore de PBP. Alors que nous nous apprêtons à partir, Michel nous apprend que Claude et Francine Mabillot sont dans le gymnase. Je vais les saluer, avec Dominique. Je ne les avais pas vus depuis PBP2003 ; enfin, j’avais vu Claude, furtivement sur le brevet de 600km à Beaurepaire. Ils vont bien ; ils n’ont pas changé. Je salue aussi Michel Mingant. Il est 17h30, nous quittons le gymnase. Au niveau du portail de ce matin, un bénévole vérifie que le numéro collé sur le vélo correspond bien à mon numéro d’inscription. En 2007, nous avions laissé une organisation sérieuse, motivé, mais amateur ; là, nous retrouvons une organisation rigoureuse. Nous reprenons la voiture en direction du Perray-en-Yvelines, à 30km. Pendant le trajet, je regretterai presque les approximations éditions précédentes, poussant davantage de participants à passer la journée complète sur le stade. Il en résultait une foule plus importante, mais surtout la présence sur le stade de davantage de tandems, triplettes, et autres vélos folkloriques. Ils assuraient un spectacle permanent dans l’enceinte du stade. De la même façon, des groupes d’étrangers beaucoup plus nombreux et fournis se retrouvaient bruyamment, et se prenaient en photos comme les taïwanais de ce matin. Ca a un peu disparu!

 

Nous arrivons à 18h00, chez Rosine et Claude, les parents de Lionel, où nous prévoyons de dormir cette nuit, veille de départ, et la nuit suivant notre arrivée. Nous les retrouvons tels que nous les avions laissés en 2003. Nous sommes accueillis par un apéritif, puis nous passons à table. Dominique et moi avions mis en garde Michel et Sébastien de l’accueil excessivement chaleureux de nos hôtes, et surtout de la qualité inégalable de Rosine en matière de cuisine et de savoir-vivre. Le repas est un émerveillement des papilles. Rosine a remplacé la viande des lasagnes par des poivrons et des aubergines, c’est tout bonnement exceptionnel. Et, je ne vous parle même pas de la tarte maison. Elle nous a aménagé deux chambres dans lesquelles les lits sont faits ; nous avons une salle de bains spécialement pour nous, équipée avec 4 serviettes et gants de toilette, et du savon. Le meilleur hôtel n’aurait pas fait mieux. Michel et Sébastien sont étonnés et conquis. Je suis donc dans des conditions idéales pour réussir.

 

Durant l’épreuve, mon rôle se limitera à pédaler. Mon alimentation, mon habillement, et mon éclairage est le problème de mon assistance. Donc, avant de se coucher, je les réunis pour leur présenter mes quatre bagages, pour qu’ils se débrouillent. Le premier sac, rouge, contient des bidons (0,6L; 0,8L; 1L), un camelback, et des outils. Un deuxième sac, vert, contient les vêtements. Une poche contient des gants longs, des manchettes, des genouillères, et des chaussettes. Une deuxième poche contient des coupe-vents, un imperméable, et le gilet réfléchissant. La vaste poche centrale contient un cuissard, des maillots à manches courtes, un maillot à manches longues, et plusieurs maillots de corps. Ce classement clair leur permettra de s’y retrouver. La glacière contient les produits frais: caviar d’aubergines, rillettes de thon et de saumon, gruyère, camembert, petit Yop, Actimel, surimi (c’est le seul aliment solide qui passe dans l’estomac quand plus rien d’autres passent, notamment sous la chaleur), crème légère « Société » et Boursin. Le dernier sac contient aussi de la nourriture: pains au lait, terrine, barres Isostar, gâteau avec des sucres lents « Punch Power », cakes aux fruits confits, galettes bretonnes, des noix de cajou, des raisins de Corinthe, des figues séchées, des biscuits apéritifs et des boissons énergétiques Isostar. Je leur explique qu’il ya suffisamment le choix pour qu’ils aient la possibilité de varier à l’infini, sans être écœuré par le même goût. J’en profite pour définir les rôles de chacun, lors des pointages. Michel s’occupera de mon vélo, de l’éclairage et de remplacer les bidons. Sébastien s’occupera de mon alimentation, et Dominique de me guider lors des pointages. Cette organisation permet de perdre peut d’énergie lors des pointages, qui sont des moments de tension. Rosine nous demande à quelle nous nous levons, 7h00, puis nous allons nous coucher. Je m’endors rapidement.

 

Je descends le premier à 6h50. Rosine a déjà préparé le petit-déjeuner. Habituellement, je ne prends rien ; je fais un effort, pour partager un moment de convivialité. Le repas de midi est prévu à 11h00. Il nous reste à fixer les lampes sur le vélo, vérifier leur bon fonctionnement, poser la plaque de cadre, et réserver un emplacement éventuel pour le garde-boue. C’est fait, sans stress, collégialement. Le repas comme d’ habitude est excellent, nous chargeons la voiture, et quittons Rosine et Claude, à 12h00. Avant de partir, Claude me dit qu’il ira sur le parcours du côté de Faveroles. Je me suis déjà mis en tenue, cuissard X-Bionic élite, maillot X-Bionic Fennec, chaussettes BV Sport.

 

A l’entrée de Guyancourt, les routes d’accès au rond point des Saules sont barrées par des barrières. Des bénévoles nous orientent. Nous trouvons rapidement une place, toutes les autres sont déjà occupées par des voitures de cycliste. Lorsque j’arrive devant la grille du stade, elle est bien évidemment fermée. Une trentaine de cyclistes attendent déjà; il reste 3h00, avant le départ. Le nombre de participants se pressant devant les grilles, augmente régulièrement. J’attends, calmement, assis sur une chaise pliante avec une bouteille d’eau, mon vélo posé à proximité. Laurent est venu s’asseoir à même le sol, à mes côtés. Nous discutons peu, j’écoute et regarde ceux qui m’entourent. 30min avant l’ouverture des grilles, je remarque des visages connus, De Angeli, Christophe Bocquet, Pascal Lacarin, Hervé Talabardon, Noel Roullier, Jean Pierre Cellier,… Nous sommes maintenant serrer les uns contre les autres. Mon attention est attirée par le nombre de cyclistes qui quittent leurs positions pour aller uriner dans les taillis, par un participant qui a fixé un parapluie sur son vélo, ou encore d’un espagnol équipé aussi d’un maillot X-Bionic, mais orange. Puis soudainement les grilles s’ouvrent, et nous avançons dans une vaste bousculade. Il faut maintenant traverser le stade pour aller se positionner dans des sas. L’intérêt est de faire partie des premiers pour partir avec la première vague de 16h00. Elle sera surement de 400 cyclistes, car nous sommes 1200 pour le départ de 16h00. Je pose mon vélo contre les barrières, et m’assoit sur des gradins. Dominique et Sébastien sont à proximité. J’échange quelques mots avec Jacques Seray, le journaliste qui suit PBP depuis de nombreuses années. Je m’abrite du soleil grâce au parapluie que Sébastien a pensé à prendre. Michel Mingant vient aussi s’abriter; nous en profitons pour parler de notre préparation respective. Puis, à 15h15, les sas s’ouvrent. Nous passons sur un tapis magnétique pour enregistrer la puce, et un bénévole met son tampon sur le carnet de route. Nous marchons maintenant entre deux rangées de spectateurs pour sortir du stade et avancer vers la ligne de départ située sur le rond point des Saules. Alors que les autres participants se précipitent près des arbres pour uriner aux milieux des spectateurs, Dominique arrive avec la chaise pliante. Alors que je la positionne à l’ombre à côté de celle d’Hervé, un cycliste éructe : « C’est ma place, ici! ». Pourquoi tant de haine? Et, il insiste en plus. Je ne réponds pas, il y a de la place pour deux. Nous restons aussi peu de temps car le troupeau avance, jusqu’à la ligne de départ réel. Il reste une vingtaine de minutes. Je suis contre les barrières. J’en profite pour parler avec un coureur du CC Kingersheim ; il me demande mon nom. « David Pauthier! ». Il me dit avoir lu mon compte-rendu de Paris-Brest-Paris 2007 sur internet, et ma préparation sur le site du CT Lyon. Je suis flatté d’être reconnu pour mes écrits. Il n’y a rien de narcissique là-dedans; mais si j’ai pu contribuer à donner envie à des cyclistes de participer, j’en suis modestement fier. Je parle aussi avec deux spectateurs, qui prendront le départ de 18h00. Ils viennent de Clermont-Ferrand ; ils ont aussi fait Clermont-Aurillac-Clermont cette année, et ils ont aussi lu, mon compte-rendu sur ma préparation. Dans le même temps, un speaker avec un micro met l’ambiance. Bon, je dois les laisser mes deux cyclos car le départ vient d’être donné. Je passe la ligne avec plaisir,… L’aventure commence !

 

Publié le 02 septembre 2011 à 22:45:32 dans PARIS - BREST - PARIS 2011 | Commentaires (0) |

Préparation de la P-B-P 2011 par David PAUTHIER - juillet 2011

Juillet, la dernière ligne droite!

 

Dernière ligne droite? C’est à la fois un moment où la préparation physique, technique et psychologique est terminée ; mais c’est en même temps un moment compliqué, car un imprévu peut se produire et remettre en cause 6 mois d’entrainement. En effet, une chute, un accident de la vie, ou une tendinite serait de nature à annuler ma participation à l’épreuve. Un accident de la vie? En 2007, le jeudi précédent le départ de l’épreuve, alors que je rentre d’un dîner chez un ami, je suis pris d’un violent maux de dent. La douleur m’empêchera de dormir. Le vendredi, je tente désespérément de joindre un dentiste ; nous sommes la semaine du 15 août, c’est mission impossible. Je me résous, à 14h, à me rendre aux urgences dentaires. J’en sors à 19h30, avec une carie avec le nerf touché, très partiellement soignée. L’urgentiste me dit qu’il faut que je vois un spécialiste dès le lundi suivant. Ce lundi, je serai à 20h00, sur le rond-point des Droits de l’homme pour le départ. L’infection provoquée par la carie, contre laquelle mon organisme se défend, m’a épuisé à tel point que vendredi, je vais dormir sans manger à 20h00, et que samedi, je rentre épuisé d’une sortie de 60km et que je dors tout l’après-midi. Le dimanche, c’est pire. Le lundi, un petit miracle se produit, la fatigue a disparu ; la douleur ne se réveillera qu’après l’arrivée.

 

Physiquement, mon entrainement est terminé. Mais, comme je l’écrivais précédemment, Clermont-Aurillac-Clermont a mis en évidence mon état de fatigue dû au deuxième brevet de 600km. Les deux premiers week-ends de juillet sont consacrés à la récupération. Effectivement, lors des sorties, la fatigue est encore très présente. Les sorties du club ne sont pas du plaisir, car je ne pédale pas dans la facilité.

 

La dernière épreuve de ma préparation est le Tour du Mont Blanc. La fatigue s’est atténuée, mais je n’aborde pas ce raid de la meilleure des façons. La veille, nous sommes invités, avec ma femme, chez des amis ; 500km de conduite dans la journée. Je mets les chaussettes de contention BV Sport pour atténuer les effets. J’ai effectué 400km dans les 3 jours précédents. Par ailleurs, la météorologie de Savoie prévoit une journée apocalyptique, 40 à 70mm d’eau dans la journée. Je m’arrête chez Décathlon, pour acheter des gants néoprène au rayon « plongée ». Je choisis la version 3mm car ils permettent de plier les doigts, et seront suffisamment épais. J’arrive au studio au Col des Saisies à 22h30. La nuit est courte, mais réparatrice. A 5h00, il ne pleut pas, et la température est bonne 16°C. Evidemment, j’effectue la descente de ce premier col prudemment. Sur le plat, jusqu’à la sortie de Saint Gervais, Laurent et moi emmenons un groupe important, que la première montée en direction des Houches va réduire à 3. Nous rattrapons 3 participants, alors que je mets résolument en tête à la sortie de Chamonix, jusqu’au sommet du col des Montets ; les jambes tournent bien. La pluie s’est invitée depuis l’Argentière ; c’est rapidement la douche. Je me retrouve seul pour monter le col de Champex, très dur, puis le col du Grand Saint Bernard. Laurent, qui a changé de roues suite à un problème mécanique, me dépasse à la sortie des galeries de l’Impléria. Laurent est plus à l’aise que moi dans les faibles pourcentages ; c’est l’inverse dans les forts pourcentages. Dans les forts pourcentages menant au sommet du col, la pluie redouble transformant la route en cours d’eau, et le vent de face réduit la vitesse. Je n’avais encore jamais rencontré de telles conditions climatiques en montant un col, il fait 5°C au sommet. Je décide d’abandonner au sommet, alors que je ne ressens ni fatigue ni froid. J’estime, juste, qu’il faut savoir ne pas compromettre la participation à PBP. Néanmoins, physiquement, le test est concluant. Le soir, je rentre à 23h45, pour accompagner ma femme aux urgences pour une nouvelle qui m’anéantit. Pendant une semaine, le vélo n’existe plus. Je me pose, d’ailleurs la question de ma participation à l’épreuve. La semaine suivante, j’erre…

 

Le week-end suivant, je roule sans plaisir.

 

Le mois de juillet est aussi un mois de doute, un essoufflement anormal à l’issue d’une bosse anodine, une douleur musculaire ou tendineuse soudaine, une fringale. Tout nourrit le doute. Je m’imagine que ce mois peut me permettre d’améliorer ma préparation ; mais il n’en est rien. Il faut juste profiter du moment pour prendre du plaisir, échanger pendant les sorties du club avec les amis, Majoub, Sébastien, Yves, Philippe, Yann, Raphael,... J’essaie aussi de me souvenir des sensations ressenties, il y a 4 ans ; mais il s’agit d’une illusion. En définitive, le sort en est jeté ; il est temps de partir en vacances. Mais auparavant, comme il y a 4 ans, j’effectue une sortie de 250km, seul. Les 80 derniers kilomètres sont un pur bonheur ; 34-38km/h sans effort particulier.

 

Cette année, je pars à La Baule. En vacances, le programme est 75km tous les matins tôt, puis le marché et promenade avec ma femme avant midi, et enfin plage l’après-midi en guise de récupération. D’abord, il faut trouver un parcours, d’abord sur une carte routière, puis le valider sur le terrain. Mon parcours fait 82km ; je ferai le même tous les jours, pour être davantage à l’écoute de mes sensations. Le parcours est suffisamment vallonné pour varier le rythme, mais pas trop pour ne pas casser le rythme. Il est aussi touristique, venté et sans danger. Je le ferai tous les jours en 2h30, systématiquement sur le gros plateau, entre 50x18 et 50x15. Enfin, c’est la théorie. En effet, en Bretagne, cette année, le temps est particulièrement mauvais. S’il ne fait pas froid, nous essuyons 4 matinées de pluies consécutives, dont deux jours de tempête ; plus quelques jours humides. Le mauvais temps ne me perturbe pas ; mais je suis équipé d’un pneu Continental Ultra Sport à l’arrière. Dans les virages mouillés, c’est une vraie savonnette. Par ailleurs, l’humidité met mes genoux aux supplices ; de nombreuses petites douleurs me rendent inquiet, une fois à gauche, une fois à droite, tendons, ligaments… J’hésite certains jours à rouler, mais je n’en fais rien. Je me convaincs que si la tendinite doit surgir, s’interrompre un jour, n’y changera rien. Je continue, donc, avec des genouillères. J’effectue une sortie de 140km, un dimanche, avec un groupe de Saint André des Eaux, une vingtaine de cyclos. Le rythme est très rapide, sans à coups ; c’est parfait. Je mange énormément, des glaces avec trois boules ; j’ai peur de prendre du poids. En fait, je m’en fous. A partir de 10h00, je fais les magasins au centre de la Baule. La paix des ménages à un prix. Je ne suis pas sûr qu’un peu de marche soient mauvais, elle permet de changer la nature de l’effort. L’après-midi, je dors sur la plage, entrecoupé de courte séance de baignade… Quand le temps le permet. Autrement, visite du Golf du Morbihan, de la Grande Brière, des marées salins de Guérande,…

 

Nous rentrons à Lyon, le 14 août. Il reste une semaine avant le départ. J’avais prévu d’aller à Saint Etienne par le Pilat, en empruntant des routes que je connais, la Croix de Chaubouret, soit par la Valla en Gier, soit par Saint Julien Molin-Molette. Je me lève à 6h00, il pleut, je suis fatigué, je retourne me coucher. Il faut parfois savoir s’imposer « une récupération inactive ». Avant de me recoucher, je monte sur la balance, 61,5kg ; tout va bien. Je roule, en fait, juste, mercredi, jeudi et vendredi, pour un total de 270km.

 

Ce soir, vendredi, 22h00, Lyon, 35°C,je termine mon compte-rendu sur ma préparation. Il me reste à vous raconter le merveilleux spectacle qu’est le rond-point des Droits de l’Homme avant le départ et après l’arrivée.

Publié le 02 septembre 2011 à 22:43:34 dans PARIS - BREST - PARIS 2011 | Commentaires (0) |

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