La Maison des Passages
44 rue Saint Georges
69005 LYON
Tel : 04 78 42 19 04
maisondespassages@free.fr
www.maisondespassages.org
En ce début du XXIème siècle, la globalisation des échanges économiques, culturels et humains, fait vaciller les frontières, craquer les clôtures, les limites se déplacent mais les images se brouillent. Un processus enclenché depuis de nombreux siècles produit l'ensemble de ces effets. Malheureusement ce bouleversement, ce déplacement de frontière est ambigu, double. Parfois c'est un pont ( un passage ) pour rencontrer l'autre, parfois une barrière pour le repousser.
Nous trouver50 ans après, retour sur l'histoire et regard sur le présent.
Mihaly Csako, sociologue de l'université de Budapest -
membre de l'opposition démocratique et syndicale dans les années 80.
La révolution hongroise a été plus qu'un soulèvement national, ce fut véritablement le test décisif pour la déstalinisation. Cette révolution est à situer dans une dynamique de révoltes qui ont traversé l'ensemble des pays colonisés par l'URSS au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale. Quelques dates suffisent à éclairer cela :
Juin 1953, insurrection à Berlin Est
Février 1956, XXè Congrès du Parti Communiste de l'URSS
Juin 1956, émeutes à Poznan en Pologne
20 Octobre 1956, Gomulka est élu à la tête du Parti Communiste polonais, fait le procès de la politique économique stalinienne.
Le 22 Octobre 1956, à l'appel des étudiants, du cercle Petöfi et de l'Union des Ecrivains le peuple de Budapest se soulève, des résolutions sont votés réclamant notamment l'égalité entre la Hongrie et la Russie, la publication des traités économiques, l'autonomie ouvrière... Une manifestation monstre, la 23 Octobre, est réprimé par la police politique, mais une partie de l'armée choisie le camp des manifestants... des Conseils ouvriers fleurissent à travers la capitale, et l'ensemble du pays, et, alors que l'affrontement militaire se poursuit, une première intervention russe cesse par tactique du Kremlin. Le 4 Novembre, les troupes russes attaquent Budapest ; le rétablissement de l'ordre russe se fera contre les conseils ouvriers. Le 17 Décembre, les tribunaux prononcent plusieurs condamnations à mort.
Publié le 16 février 2007 à 16:56:42 dans Les rencontres et débats | Commentaires (0) | Permaliens
Quand on est en exil, que représente l'appartement, le quartier où l'on vient s'installer? Est-ce que l'on cherche un nouvel endroit pour ancrer ses racines ou est ce que ces racines restent à l'air, sans terre?
Au travers de plusieurs portraits, vidéos et photos, d'habitants du quartier Saint Georges, à Lyon, nous dévoilerons des parcours de vies qui ont été confrontés à l'exil et aux modifications urbaines.
Ces portraits nous donnent à voir, un Saint Georges sensible, loin des cartes postales du Vieux Lyon, mais plus largement la France d'aujourd'hui par la pluralité des intinéraires des gens qui la composent.
Pour mieux saisir la réalité de ces trajectoires de vies, l'exposition "Paroles d'habitants" est le fruit d'un travail à long terme en collaboration avec l'association Exporamam et les habitants du quartier.
Publié le 16 février 2007 à 16:35:41 dans Les rencontres et débats | Commentaires (0) | Permaliens
16 Novembre 2006
"Comment être français?"
Fouad Chergui a grandi et vécu dans le quartier Olivier de Serres à Villeurbanne. A 25 ans, il éprouve le besoin de savoir d'où il vient et qui il est, questions qui l'emmène en algérie... Le jour où le quartier est dértuit, c'est une histoire qui disparaît. Ancêtre de nos banlieues, des centaines de famille en majorité algériennes avaient été concentrées au lendemain de la guerre d'Algérie. Pour tous ceux qui ont connu Olivier de Serres, ce quartier reste une légende, simples souvenirs d'enfance pour certains, plaie encore vive pour les autres... dans tous les cas reste une question, qui sommes nous?
Azzedine Soltani a grandi et vit toujours à Vaulx en Velin
Classer, caser, ranger et créer des zones pour séparer et éloigner les uns des autres ; c'est un peu l'histoire de l'homme...Il y aura toujours des zones et des ombres plus loin de nous, alors qu'elles nous sont si proches. Dans ces zones y vivent aussi des écrivains. Pour comprendre les questions que nous nous posons, pour interroger notre capacité d'écouter l'autre et créer un vrai dialogue. Ecoutez Azzedine : " Un jour on a pris la place de nos parents sur ces fauteuils inconfortables". Ecouter quelqu'un de l'intérieur pour ne pas rester à l'extérieur.
Publié le 16 février 2007 à 16:22:34 dans Les rencontres et débats | Commentaires (0) | Permaliens
Publié le 16 février 2007 à 15:21:55 dans Les rencontres et débats | Commentaires (0) | Permaliens
Qui sont les Roms, les Manouches, les Sinti, les Gitans, les Voyageurs ? Pourquoi les désigne-t-on comme Tsiganes ou Gens du Voyage ? Sont-ils tous nomades ? Que signifie la sédentarisation pour eux ?
Quelles sont leurs conditions de travail, d'habitat, de santé, d'éducation des enfants ? Sont-ils des citoyens à part entière des pays où ils vivent ? Quel avenir peuvent-ils espérer ? Comment peuvent ils développer, faire vivre leur culture dans un monde en profonde transformation ?
Au sein de l'Union Européenne, les tsiganes sont la communauté transfrontalière la,plus importante avec presque 12 millions de personnes.
Cette situation leur offre une place privilégiée à la table des discussions sur la définition de la citoyenneté européenne, mais sont ils écoutés ?
Pendant des décennies, les Tsiganes ont caché leur drame. Parce qu'ils avaient honte d'avoir été parqués derrière des barbelés. Parce qu'eux-mêmes, étant un peuple d'oralité, ne l'ont jamais écrit...
Des premières mesures de contrôle prises par la Troisième République finissante, à l'internement sur ordre allemand, jusqu'à mai 1946 où les derniers Tsiganes sortent des camps un an après la Libération, c'est le sort que la III éme republique, puis la France de vichy, "la Francette" comme disait René Char, ont réservé aux Tsiganes dont certains seront déportés dans les camps d'exterminations nazis.
Publié le 31 janvier 2007 à 18:03:11 dans Les rencontres et débats | Commentaires (0) | Permaliens
La place de l'Algérie dans l'histoire coloniale française est tout à fait singulière. A la différence des autres colonies, la France a voulu assimiler, annexer l'Algérie à son propre territoire. Le legs de cette histoire est donc lourd puisqu'il y a eu dépossession foncière des indigènes musulmans, dépersonnalisation culturelle, relégation du religieux et effacement des traces étatiques antérieures. Toutefois, au lendemain de l'indépendance algérienne s'est bâti en France un consensus politique sur la nécessité de la décolonisation, seule une minorité d'extrême droite refusait d'y adhérer. Depuis le début des années quatre-vingt, parallèlement à la montée de l'extrême droite, ce consensus est progressivement remis en cause. La force de l'extrême droite tient en grande partie à l'évacuation de l'histoire coloniale de la mémoire française. En refusant tout examen de conscience, la Vème République s'est privée de la possibilité de combattre idéologiquement les partisans de l'Algérie française. La loi du 23 février 2005 qui entend réhabiliter le système colonial n'a pas été déposée par le Front national, mais par l'UMP.
Ainsi, paradoxalement, plus on s'éloigne de la fin de l'Algérie française, plus cette histoire revient dans la société. La brutalité de l'exil des pieds-noirs, pendant l'été 1962, tout comme les massacres de harkis, sont fondamentaux pour comprendre comment la France a géré l'indépendance algérienne. Ces deux populations en exil ont porté, jusqu'à aujourd'hui, la mémoire de la guerre d'Algérie et de l'indépendance.
Dans son dernier livre, les trois exils : juifs d'Algérie (Stock, 2006) il reconstitue les trois exils qui ont marqué le destin des juifs d'Algérie. En moins d'un siècle en effet, ils sont sortis par trois fois de ce qui était jusque-là leur univers familier. Ils se sont éloignés de leur vie en terre d'islam quand le décret Crémieux de 1870, faisant d'eux des citoyens français, les a mis sur la voie de l'assimilation. Ils ont été rejetés hors de la communauté française de 1940 à 1943 avec les lois de Vichy. Et ils ont quitté les rives algériennes avec l'exode de 1962.
Le refus d'affronter la mémoire collective, de construire une mémoire partagée, fait que chacun se réfugie dans sa propre mémoire développant ainsi une forme de communautarisme mémoriel. Quatre groupes - pieds-noirs, harkis, soldats et enfants d'immigrés, soit 5 à 6 millions de personnes - ont transmis leur propre vision de l'Algérie. Seule une volonté politique peut modifier cette donne!
Publié le 31 janvier 2007 à 17:29:05 dans Les rencontres et débats | Commentaires (0) | Permaliens