La Maison des Passages
44 rue Saint Georges
69005 LYON
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maisondespassages@free.fr
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En ce début du XXIème siècle, la globalisation des échanges économiques, culturels et humains, fait vaciller les frontières, craquer les clôtures, les limites se déplacent mais les images se brouillent. Un processus enclenché depuis de nombreux siècles produit l'ensemble de ces effets. Malheureusement ce bouleversement, ce déplacement de frontière est ambigu, double. Parfois c'est un pont ( un passage ) pour rencontrer l'autre, parfois une barrière pour le repousser.
Nous trouverQui sont les Roms, les Manouches, les Sinti, les Gitans, les Voyageurs ? Pourquoi les désigne-t-on comme Tsiganes ou Gens du Voyage ? Sont-ils tous nomades ? Que signifie la sédentarisation pour eux ?
Quelles sont leurs conditions de travail, d'habitat, de santé, d'éducation des enfants ? Sont-ils des citoyens à part entière des pays où ils vivent ? Quel avenir peuvent-ils espérer ? Comment peuvent ils développer, faire vivre leur culture dans un monde en profonde transformation ?
Au sein de l'Union Européenne, les tsiganes sont la communauté transfrontalière la,plus importante avec presque 12 millions de personnes.
Cette situation leur offre une place privilégiée à la table des discussions sur la définition de la citoyenneté européenne, mais sont ils écoutés ?
Pendant des décennies, les Tsiganes ont caché leur drame. Parce qu'ils avaient honte d'avoir été parqués derrière des barbelés. Parce qu'eux-mêmes, étant un peuple d'oralité, ne l'ont jamais écrit...
Des premières mesures de contrôle prises par la Troisième République finissante, à l'internement sur ordre allemand, jusqu'à mai 1946 où les derniers Tsiganes sortent des camps un an après la Libération, c'est le sort que la III éme republique, puis la France de vichy, "la Francette" comme disait René Char, ont réservé aux Tsiganes dont certains seront déportés dans les camps d'exterminations nazis.
Publié le 31 janvier 2007 à 18:03:11 dans Les rencontres et débats | Commentaires (0) | Permaliens
La place de l'Algérie dans l'histoire coloniale française est tout à fait singulière. A la différence des autres colonies, la France a voulu assimiler, annexer l'Algérie à son propre territoire. Le legs de cette histoire est donc lourd puisqu'il y a eu dépossession foncière des indigènes musulmans, dépersonnalisation culturelle, relégation du religieux et effacement des traces étatiques antérieures. Toutefois, au lendemain de l'indépendance algérienne s'est bâti en France un consensus politique sur la nécessité de la décolonisation, seule une minorité d'extrême droite refusait d'y adhérer. Depuis le début des années quatre-vingt, parallèlement à la montée de l'extrême droite, ce consensus est progressivement remis en cause. La force de l'extrême droite tient en grande partie à l'évacuation de l'histoire coloniale de la mémoire française. En refusant tout examen de conscience, la Vème République s'est privée de la possibilité de combattre idéologiquement les partisans de l'Algérie française. La loi du 23 février 2005 qui entend réhabiliter le système colonial n'a pas été déposée par le Front national, mais par l'UMP.
Ainsi, paradoxalement, plus on s'éloigne de la fin de l'Algérie française, plus cette histoire revient dans la société. La brutalité de l'exil des pieds-noirs, pendant l'été 1962, tout comme les massacres de harkis, sont fondamentaux pour comprendre comment la France a géré l'indépendance algérienne. Ces deux populations en exil ont porté, jusqu'à aujourd'hui, la mémoire de la guerre d'Algérie et de l'indépendance.
Dans son dernier livre, les trois exils : juifs d'Algérie (Stock, 2006) il reconstitue les trois exils qui ont marqué le destin des juifs d'Algérie. En moins d'un siècle en effet, ils sont sortis par trois fois de ce qui était jusque-là leur univers familier. Ils se sont éloignés de leur vie en terre d'islam quand le décret Crémieux de 1870, faisant d'eux des citoyens français, les a mis sur la voie de l'assimilation. Ils ont été rejetés hors de la communauté française de 1940 à 1943 avec les lois de Vichy. Et ils ont quitté les rives algériennes avec l'exode de 1962.
Le refus d'affronter la mémoire collective, de construire une mémoire partagée, fait que chacun se réfugie dans sa propre mémoire développant ainsi une forme de communautarisme mémoriel. Quatre groupes - pieds-noirs, harkis, soldats et enfants d'immigrés, soit 5 à 6 millions de personnes - ont transmis leur propre vision de l'Algérie. Seule une volonté politique peut modifier cette donne!
Publié le 31 janvier 2007 à 17:29:05 dans Les rencontres et débats | Commentaires (0) | Permaliens